Exemples concrets

L’histoire de Hilde et Fleur - le 2 février 2008

Ma chère Fleur,

Il y a treize ans, j’ai dû prendre congé de Fleur, mon cheval préféré. A cette époque, j’étais mariée avec un tyran qui m’a obligée à faire un choix : soit me débarrasser de mon cheval, soit me faire avorter de l’enfant que je portais. J’étais devant un terrible choix qui me fendait le coeur.
Un choix qu’actuellement je ne ferais plus jamais, je ne choisirais plus entre ces deux options, je les garderais simplement toutes les deux.
Mais ce qui est fait est fait, et malheureusement je ne peux plus rien y changer.
J’ai donc vendu mon cheval, ma chère Fleur. L’acheteur m’avait promis qu’elle serait en de bonnes mains. Quand ils sont venus la chercher, j’étais en pleurs et Fleur ne voulait vraiment pas partir. Elle ne voulait pas monter dans la remorque et quand, finalement, elle y était, elle n’arrêta pas de hennir jusqu’au moment où la voiture avait disparu de vue. Au moment où j’écris ceci, je suis à nouveau en pleurs car je revis entièrement ces moments douloureux.
Elle était donc partie, disparue de ma vie.
Cela me rendait très malade et je n’arrivais pas à surmonter mon chagrin. Après quelques mois, je pris la décision d’aller à sa recherche et, désirant la racheter coûte que coûte, en dépit de ce que mon mari d’alors en penserait. Je voulais ma chérie tout près de moi.
Hélas … après quelques coups de fil j’appris la triste nouvelle que Fleur n’avait vécu que deux mois après son départ.
Elle est morte de chagrin. Ma peine était grande. Pourquoi l’avais-je vendue? Quelques plus tard, mon mari m’abandonna pour d’autres femmes.
J’avais tout perdu, perdu Fleur, ma meilleure amie, à cause de ce tyran que ne pensait qu’à lui. Il me restait mon bébé, mon fils.

Les années passaient, sans un jour où je ne pensais pas à Fleur. Partout dans la maison, il y a des photos d’elle. L’année passée, alors que je passais la serpillière sur le plancher, elle m’apparut tout d’un coup sous forme d’une flaque d’eau. Elle y avait projeté la forme de sa tête. J’en pris des photos pour les envoyer via mon GSM à ma mère et pendant la conversation téléphonique, maman confirma que c’était bien la tête de Fleur. A ce moment-là, une de nos portes en verre éclata en mille morceaux.
J’ai alors appelé Mario, mon mari actuel, qui, ayant vu ce qui s’était passé, dit d’un air incrédule : «ce n’est qu’un hasard». Ces paroles furent à peine prononcées qu’un spot dans la cuisine s’est éteint.
Après ces événements, j’ai eu un premier contact avec Frederike, une dame très sympathique. Je lui ai fait part de mon vécu avec Fleur, et Frederike est alors entrée en contact avec mon cheval. Elle a noté dans une lettre la réponse de Fleur, et me l’a remise après. La conversation entre Frederike et Fleur était très touchante, et Frederike me l’a également partagée avec moi par téléphone. C’était tellement touchant et triste, j’étais accablée de sentiments de culpabilité parce que je m’étais débarrassée de Fleur. Mais je sentais bien, et Frederike me l’a confirmé, qu’elle est toujours avec moi. Je le sais et je le sens. Comme par exemple lorsqu’il y a quelques mois, je me promenais avec Adel, mon cheval. A un moment donné, j’allais faire une chute, et juste au moment où je serais tombée par terre, j’ai été ‘relevée’ et remise en selle. Je pouvais continuer ma promenade sans autres complications. Je sais que c’est Fleur qui m’a aidée.
Frederike m’a alors envoyé une lettre contenant sa conversation avec Fleur. Et encore maintenant, chaque fois que je relis cette lettre, les larmes coulent sur mes joues, mais j’ai appris à “gérer” mon chagrin et à vivre avec. Le soir, quand je regarde la photo de Fleur, posée sur ma table de nuit, je lui parle et je sens qu’elle est là. Je sais qu’elle est avec moi et qu’elle restera toujours auprès de moi. Cela me rend heureuse. Même quand je roule en voiture, je parle avec elle.
Et quand je suis couchée dans mon lit, je sens une douce caresse sur ma tête. Quand elle vivait encore, elle avait toujours l’habitude de frotter sa tête contre la mienne. Je suis tellement heureuse de savoir et de sentir qu’elle est encore auprès de moi. Aussi grand que soit mon chagrin, je sais maintenant qu’elle est à nouveau avec moi et qu’elle en est heureuse. Et la conversation entre Fleur et Frederike en est une confirmation. Cela m’a donné beaucoup de courage.
Et je sais qu’aujourd’hui, Fleur m’aide aussi à aider des chevaux délaissés. Je peux à nouveau vivre ma vie, maintenant que je sais qu’elle sera toujours là avec moi.

Merci, chère Frederike, au nom de nous deux.

Amitiés,
Hilde et Fleur

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